Que change le millésime dans un vin ?

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Le Château de mon Père, de 2019 à 2020 !Même vigne, même cuvée, mais jamais exactement le même vin…

Qu'est-ce que le millésime ?

Le millésime d'un vin est l'année de récolte — les vendanges — des raisins utilisés pour son élaboration. Cette année figure généralement sur l'étiquette ou sur la contre-étiquette, à l'arrière de la bouteille.

Dès la récolte, le raisin commence à évoluer. En cave, les fermentations vont transformer son sucre en alcool et faire naître le vin. Tout notre travail de vinification consiste alors à orienter et accompagner ces processus naturels pour obtenir le résultat recherché : la cuvée qui sera mise en bouteilles quelques mois, ou parfois quelques années, plus tard.

Pourquoi un vin change-t-il d'une année à l’autre ?

Chaque année impose à la vigne des conditions différentes : quantité de pluie, températures, ensoleillement, sécheresse, épisodes de canicule ou pression des maladies…

Tous ces éléments ont une influence sur la croissance de la vigne et sur les caractéristiques des raisins au moment des vendanges :

  • leur concentration en sucre,
  • leur acidité,
  • leur richesse aromatique,
  • la maturité des peaux et des pépins,
  • leur équilibre général.

La date des vendanges est donc déterminante. Quelques jours de plus ou de moins peuvent modifier sensiblement le profil des raisins récoltés.

Le vigneron adapte ensuite son travail à la matière première de l'année : assemblage éventuel de plusieurs cépages, durée de macération, extraction plus ou moins importante, durée de l'élevage…

Un nouveau millésime ne peut donc pas être une reproduction exacte du précédent. Cela est particulièrement vrai lorsque l'on travaille de façon douce et artisanale, pour laisser le raisin et le terroir exprimer ce qu'ils ont à nous raconter chaque année.

Est-ce que le nouveau millésime aura le même goût ?

Le nouveau millésime est une nouvelle expression de la même cuvée.

On doit normalement retrouver son identité : les cépages qui la composent, les grandes familles d'arômes, le style recherché et son profil général — plutôt frais, fruité, puissant ou tannique.

Mais il existe toujours des différences d'une année à l'autre. Une année plus chaude pourra, par exemple, donner davantage de maturité et de rondeur. Une année plus fraîche pourra favoriser la vivacité et l'acidité. Ces différences se retrouveront aussi dans la teneur en alcool (lisez cet article où nous expliquons comment nous parvenons à élaborer des cuvées naturellement peu alcoolisées).

Ces effets ne sont cependant jamais automatiques : le sol, les cépages, la date des vendanges et les choix effectués en cave jouent également un rôle essentiel.

C'est toute la richesse du millésime : reconnaître une cuvée que l'on aime, tout en découvrant chaque année une nuance nouvelle.

Est-ce qu'un vin jeune doit attendre avant d'être bu ?

Cela dépend du style du vin et de la façon dont il a été élaboré.

Pour produire un rouge léger et fruité, le vigneron peut choisir une macération relativement courte, afin d'extraire peu de tannins. Le vin pourra alors être agréable à boire rapidement, souvent dans les premières années suivant les vendanges.

À l'inverse, une macération plus longue permet généralement d'extraire davantage de couleur, de matière et de tannins. Dans sa jeunesse, le vin peut alors être plus ferme ou plus astringent — il peut, comme on dit parfois, « décoller les dents » !

Il a besoin de temps pour s'assouplir. C'est notamment le rôle de l'élevage : une période pendant laquelle le vin se stabilise, ses arômes évoluent et ses différentes composantes s'intègrent progressivement. Les tannins se transforment et paraissent plus fondus ; le vin devient plus harmonieux et plus soyeux.

Au Pech d'André, nos blancs, rosés, clairets et rouges légers peuvent être commercialisés assez rapidement (lisez cet article pour en savoir plus sur les couleurs du vin).

Pour nos AOC rouges traditionnels, nous faisons un autre choix : des macérations plus longues, suivies d'environ deux années d'élevage en cuve béton avant la mise en bouteilles, puis d'un vieillissement supplémentaire en bouteille.

Nous assurons nous-mêmes cet élevage et commercialisons ces vins lorsqu'ils sont déjà agréables à boire. C’est pourquoi nos AOC comme Le Château de mon Père ont généralement entre quatre et six ans lorsque nous vous les proposons.

Le millésime le plus récent est-il forcément préférable ?

Non : tout dépend du vin.

Les rosés, les clairets et de nombreux blancs ou rouges légers (comme Lazuli) sont élaborés pour mettre en valeur leur fraîcheur et leur fruit. Ils sont donc généralement destinés à être consommés dans leur jeunesse.

Les vins plus structurés peuvent au contraire avoir besoin de plusieurs années pour atteindre leur meilleur équilibre. Les tannins participent à leur capacité d'évolution, mais ils ne sont pas les seuls à intervenir : l'acidité, l'alcool, la concentration du vin, les conditions de vinification et la qualité de sa conservation jouent également un rôle.

Comme souvent dans le vin, il existe aussi de nombreuses exceptions.

Certains blancs évoluent magnifiquement pendant plusieurs années et développent des arômes plus complexes : fruits mûrs, miel, fruits secs ou notes de noix.

Notre cépage blanc emblématique, le Bourboulenc, en est un bon exemple. Il gagne souvent à attendre un ou deux ans, et certains de nos clients le préfèrent avec au moins cinq ans au compteur.

À l'inverse, un rouge peu tannique pourra être délicieux dans sa jeunesse, sans qu'il soit nécessaire de le conserver longtemps.

Le millésime le plus récent n'est donc pas systématiquement le meilleur : c’est avant tout celui qui correspond au style du vin et au moment où vous souhaitez le boire.

Comment savoir si une cuvée doit être bue jeune ou attendre ?

La couleur peut donner une première indication, mais elle ne suffit pas. Un blanc peut avoir un beau potentiel de garde et un rouge léger être destiné à une consommation rapide.

Il faut surtout tenir compte :

  • de la structure et de l'acidité du vin,
  • de la durée de macération pour les rouges,
  • du type d'élevage,
  • du style recherché par le vigneron.

C'est pourquoi les descriptions détaillées de nos vins indiquent notamment leur temps de macération, leur élevage et nos conseils de dégustation et de conservation.

En cas de doute, n'hésitez pas à nous interroger. Nous serons ravis de vous conseiller, sur ce sujet comme sur toutes les questions concernant notre travail et les cuvées que nous aimons partager avec vous.

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